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      « Mais il est d'autres découvertes d'un ordre plus élevé que celle du
voyageur, et qui, pour peu que le gouvernement veuille m'aider, contribue-
ront plus que tout à réhabiliter cet ouvrage si maladroitement tronqué, en
démontrant qu'en philologie la France n'a rien à envier à l'Allemagne.
C'est la théorie nouvelle et basée sur le positif, théorie des sanctuaires qui
soulève le voile d'Isis et explique enfin la mythologie et les arts des peuples
artistes. Dira-t-on, pour chicaner encore, dira-t-on que je sors de mes attri-
butions ? L'archéologie n'est-elle pas l'essence de mon ouvrage ? Ce travail
qui est la vie et la base de mon œuvre sera bientôt en état de paraître, si je
ne suis pas retardé par défaut de subsides ». Et il ajoute qu'ayant travaillé
pendant six ans, il a été obligé d'abandonner des travaux de sculpture com-
mandés par la ville de Paris.
      Le sous-préfet de Villefranche envoie au ministre la copie de cette
lettre, et il en recommande l'auteur à sa bienveillance : « M. Vietty, sous des
formes abruptes et à demi-sauvages, M. Vietty est sans contredit l'un des
hommes les plus distingués qu'ait produits la science ; il a besoin qu'on
l'aide dans ses sollicitations administratives, car sa préoccupation l'absorbe
tout entier ; c'est à nous, ses vieux amis et camarades, que le soin est natu-
rellement confié » (24 janvier 1836).
      On ne répond pas. Vietty s'adresse directement au ministre. Il lui
rappelle « ce travail assidu de sept ans sur les causes et les effets de la civili-
sation de la Grèce civilisatrice de l'Europe, ouvrage qui peut être utile à la
science archéologique, aux arts et à l'histoire de l'humanité ».« Je n'ai jamais
eu, ajoute-t-il, de but individuel. En Grèce et en France, mes travaux ont
été consacrés uniquement à l'avancement des sciences. C'est pourquoi j'ai
encouru le reproche de n'avoir pas rempli à la lettre la mission qui m'a été
confiée. Mais c'est pour la mieux remplir en effet que j'ai cru devoir
débrouiller des questions d'archéologie et de philologie qui avaient résisté
aux savants d'Europe v.
      Le 21 octobre 1838, le préfet du Rhône, Jayr, en transmettant au
ministre la première partie du travail de Vietty, lui parle de son dénûment
absolu : « il faut que le gouvernement intervienne », et comme il n'intervient
pas, le malheureux auteur s'adresse à Fulchiron ; c'est lui qui, à la recom-
mandation de son ami Hobitz, a protégé son ouvrage à sa naissance ; qu'il