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de à Jésus de leur permettre de pénétrer dans l'humble abri, et Jésus
acquiesce (str. 9).
Les mages, aussitôt, se précipitent et restent interdits, à la vue de
Joseph, aux côtés de Marie penchée sur son fils. Ne craint-elle donc plus
les commérages ? Ne l'a-t-on donc pas assez raillée ? Mais Marie, sans se
troubler, invite Joseph à expliquer lui-même la naissance du Christ (str. 12).
Puis elle interrompt ces explications, inutiles à son sentiment, et, à son
tour, elle demande aux mages de lui dire d'où ils viennent et comment ils
ont appris la naissance de Jésus.
Et les mages racontent comment « le scintillement du feu de Perse » les
a incités à quitter Babylone (str. 13), comment ils ont traversé des pays et
des nations, « sans histoire et aux langues inconnues » (str, 14), comment,
enfin, ils ont parcouru en vain Jérusalem à la recherche du Messie (str. 15).
La Vierge les interrompt. Comment ont-ils pu, sans risque, traverser Jéru-
salem, « meurtrière de prophètes » (str. 16) et échapper à Hérode, « qui
respire le meurtre »? Elle ne peut le croire. Rien d'étrange, réplique le
mage; ils ont vu Hérode et les Pharisiens, et loin de leur cacher le but de
leur long et pieux pèlerinage, ils le lui ont déclaré sans fard. Mais, aveuglé
par Dieu, Hérode n'a pu ni su leur nuire (str. 17-19).
Alors les mages, qu'avait guidés une « colonne de feu », l'esprit et le
corps dispos, malgré leurs pénibles étapes (str. 20), prenant en main leurs
cadeaux, se prosternent devant « le Cadeau des Cadeaux, le Parfum des
Parfums ». Ils offrent au Christ de l'or, de la myrrhe et de l'encens, et le
supplient de ne point repousser ce cadeau « formé de trois substances,
comme des séraphins l'hymne trois fois saint » (str. 21).
Devant la majesté de cette scène, les mages prosternés, au-dessus de
leur tête « l'étoile révélatrice », et, dans le fond, les bergers exaltant le Très
Haut, la Vierge elle-même tombe à genoux et supplie son fils, qui vient de
recevoir trois cadeaux, de lui accorder trois demandes : qu'il dispense aux
airs, aux fruits de la terre et à ses habitants sa protection ; qu'« il se récon-
cilie avec les hommes, par son intercession, à elle, Marie, sa mère » (str. 22).
Puis brusquement, se substitue en quelque sorte à Marie, la mère du
Christ par la chair, la « Sainte Vierge », mère spirituelle de tous les hom-
mes ; elle est de par Dieu « de sa race entière le porte-parole et l'orgueil » ;