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BIBLIOGHIE.
PORTEFEUILLE D'UN AUMÔNIER MILITAIRE, par M. l'abbé FAIVRE,
joli in-12, prix : 3 fr.
Voici ce que disait la Vie parisienne, dans son numéro du
28 juillet 1806, au sujet de I'AUMONIER BU CAMP DE SATHONAT:
«Si vous avez été à Lyon,si vous avez visité le camp de Satho-
nay, si vous faites partie de l'armée ; ou bien si, en allant de
Paris à Marseille, vous ne dormiez pas durant le voyage, vous
connaissez l'abbé Faivre?
Parbleu, j'en étais sûr! Vous ne pouvez vous empêcher de
sourire et d'avoir l'œil humide en vous rappelant ce grand corps
dégingandé et cette figure évangélique. Vous voyez du même
coup l'ancien dragon et le prêtre vénérable, l'homme de bien et
le gai compagnon.
Vous avez dû le voir sur son petit cheval, arrivant au trot
dire sa messe à la chapelle du camp. Ce jour-là , il avait une
belle soutane, sur laquelle brillait sa croix de la Légion d'hon-
neur ; il avait une petite ganse d'or à son chapeau, il avait des
bottes!! mais, moi, je l'ai vu plus beau, je l'ai vu dans son
vieux château de Sathonay, la pioche à la main, des sabots aux
pieds, et le corps ceint d'un grand lambeau d'étoffe noire, d'où
sortaient ses grands bras, et qui pendillait autour de ses jam-
bes, ni plus ni moins que des dentelles. L'abbé appelait cela sa
soutane.
C'est dans ce costume qu'on le trouvait dirigeant ses travail-
leurs, travaillant lui-même avec une ardeur infatigable.
Quand, le soir, nous montions au château voir notre aumô-
nier, nous le trouvions dans le même costume, moins la pioche
et son grand sombrero. Sa figure intelligente, aux traits un peu
anguleux, rayonnait de joie quand il nous contait ce qui s'était
fait dans la journée : Ses maçons avaient relevé un pan de mur,
ses menuisiers avaient terminé les volets, les peintres auraient
fini demain les panneaux de la galerie ; le théâtre avançait ; la
chapelle allait être finie. Dans le jardin, on avait planté des