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246 LES BEAUX-ARTS A LYON.
ment parlant, nous laisse quelques reflets du style acadé-
mique que nous, venons de voir dans tout son éclat.
De là une subdivision de l'histoire artistique du dix-
huitième siècle en trois parties. Bans la première, l'in-
fluence du dix-septième siècle se soutient, et, si déjà une
décadence apparaît, l'élan donné sous le règne de Louis XIV
aux beaux-arts se sent encore : nous avons à nommer les
Coustou, Lamoureux, Trémolière, Drevet.
Dans la seconde partie du dix-huitième siècle, un
changement complet dans les mœurs amène un change-
ment dans les beaux-arts. Il semble que les artistes sont
heureux de ne plus avoir le joug d'un maître tel que
Lebrun ou Mignard, et de s'abandonner à tous les caprices
de leur fantasque imagination : ils se rient de toutes les
règles et de tous les principes. La forme devient molle et
maniérée ; une grâce affectée succède à l'ampleur et à la
gravité du style académique; une ornementation tour-
mentée et mesquine remplace la simplicité des lignes ; le
sensualisme domine la société et les arts, non pas le spiri-
tuel sensualisme du seizième siècle s'inspirant de l'anti-
quité mais un sensualisme réaliste qui se plait dans le
faux et le bizarre.
Sous le règne de Louis XVI, une réaction provoquée
par les excès mêmes de la licence, ramène l'art dans une
voie plus sérieuse ; à la fin du siècle commence une
véritable renaissance : Soufflot, Perrache, Nonnote, De
Boissieu en sont les précurseurs à Lyon.
Entre le commencement et la fin du dix-huitième siècle,
il n'y a pas à Ly on, hâtons-nous de le constater, une éclipse
totale «des vrais principes de l'art. En même temps que
la dépravation dugoût.née à Paris pendant la triste époque
où le style rococo est en vogue, gagne les provinces,
quelques hommes dont les noms demeurent une gloire