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410                        POÉSIE.

       Moi^vivant^comme La Fontaine
       Pour tester comme Rabelais.

       Les richesses sont provisoires,
       Et si l'on imite Harpagon,
       Elles sont même dérisoires,
       On n'a de riche que le nom.
       Un bien plus grand que la richesse,
       Qui ne finirait qu'avec nous,
       Ce serait le don de sagesse
       Si     mais je ne vois que des fous.

       L'amour est chose provisoire,
       Il n'en fut jamais d'éternel.
       Que la vertu, comme accessoire,
       Allume l'encens de l'autel.
       Plus tôt ou plus tard l'amour cesse ;
       Heureuse est alors la moitié
       Qui par ses soins et sa tendresse
       Sait conquérir notre amitié.

      La renommée est provisoire,
      Elle s'envole avec le temps ;
      Tel devient hibou, c'est notoire,
      Qui fut aigle dans son printemps.
      Aujourd'hui, le grand Aristote
      Avec ses deux enseignements
      Serait un homme qui radote,
      Malgré ses plus fins arguments.

      Nos codes sont tous provisoires,
      En ce qu'ils ont de bon surtout ;
      A travers ce tas de grimoires
      L'iniquité passe partout.
      Quand nos « Minos » en leur colère
      Daignent nous forger une loi,
      C'est qu'elle a pour but d'en défaire
      Quatre qui sont de bon aloi.