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                             1.Ë MYTHE D 10.                           105
   Le dieu-lune des Egyptiens n'est pomtjjune déesse, et il
peut paraître étrange qu'on le donne comme l'origine de
l'Io grecque. Mais nous savons par Plutarque que dans les
idées égyptiennes, la lune était hermaphrodite (1 ). Dans ces
antiques mythes de l'Orient, les sexes sont souvent confon-
dues ou intervertis. La Cybèle phrygienne, l'assyrienne
Mylitta sont hermaphrodites. A Cypre et en Pamphylie on
trouve une Aphrodite mâle, ornée de la barbe et des attributs
de la virilité (2). Les Perses adoraient la même déesse sous
le nom de Mithra, l'identifiant à leur grand dieu-soleil (Hé-
rod. I, 131). Nous avons lieu de croire qu'en Egypte le
dieu-lunaire masculin fut de bonne heure supplanté ou
effacé par son analogue féminin, la grande déesse lune
Isis, dont les représentations sont infiniment plus nom-
breuses,ce qui prouve que son importance dans le panthéon
égyptien a été beaucoup plus grande. On sait qu'à l'ori-
gine les divinités de l'Egypte étaient rigoureusement lo-
calisées ; chaque province, souvent chaque ville, avait les
siennes, ce qui excitait entre elles des rivalités et des luttes
sanglantes. Selon Plutarque (De Iside) etDiodore (11,4), la
politique des Pharaons entretenait avec soin ces différen-


Mûiler soutient la thèse opposée : « Que la colonie originaire qui fonda
Argos, dit-il, n'était point égyptienne, il suffit pour l'établir d'une ob-
servation. L'Egypte n'a absolument aucune trace de murs cyclopéens;
au contraire les villes de la plaine argienne, touies de construction
cyclopéenne, doivent avoir existé avant Soute immigration égyptienne.»
Cela est possible, mais qui empêche de penser que l'immigration égyp-
tienne est venue après la construction de ces murs par les Péiasges ?
Y a-t-il ta une raison suffisante pour conclure, comme l'illustre histo-
rien, que « ces traditions de parenté entre les Egyptiens et les Argiens
ne sont queladoufceuse convention de peuples et de sacerdoces amis?»
Voyez Orchomenos und dieMinyer. Ed. de Breslau, 1844, p. 103.
  (1) Plutarque, De Iside, 43.
  >- ) Voir M. Alf. Maury, t. 111, p. 194, 217.
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