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328                         CURONIQUE LOCALE.
   Aussi, les adhésions les plus.importantes son!-elles venues encourager
le projet qui met en "fermentation toutes les têtes médicales. Bouillaud,
Pfélaton, Ricord, Hippolyte Larroy, Tardieu, de Paris, l'illustre profes-
seur Holiz, de Slrasbourg, se sont inscrits des premiers; et l'unanimité
des médecins Lyonnais promet à la science des discussions dignes de
notre vieux renom médical, en même temps qu'aux invités étrangers, un
accueil à la hauteur de leur mérite. Par un vote récent, le Conseil général
du Rhône a reconnu l'utilité du Congrès, en vo'ant une somme de trois
mille francs, pour l'aider à recevoir ses hôtes et surtout à publier ses tra-
vaux.
   Enfin, deux autres congrès, l'un industriel, l'antre purement scientifi-
que, comptant nos sommités de l'Institut, demandent déjà à profiter de la
popularité du Congrès médical, et à se greffer sur lui.
   Nous n'empiéterons pas sur le domaine spécial, en analysant le pro-
gramme. Disons seulement que deux des questions les plus urgenles, les
plus actuelles, y figurent, celle de l'organisation de l'enseignement médical
et pharmaceutique et celle de l'organisation des ambulances en temps de
guerre.
   Un attrait particulier du Congrès Lyonnais, c'est qu'il sera le premier
de ce genre, à la fois scientifique et professionnel. En termes plus clairs,
on s'y occupera de l'amélioration de la profession médicale. Nous aurons
donc le plaisir d'entendre MM. les docteurs parler de leurs affaires. Ce ne
sera pas un mal ; car en les voyant traiter devant lui, le public, on doit
l'espérer, comprendra enfin que ces affaires sont ses affaires, que si les
médecins tiennent tant, par exemple, à ce que nous nous fassions raccom-
moder une jambe par le major de l'Hôpital, de préférence au rhabilleur
du quai, c'est dans l'intérêt de leur bourse sans doute, mais c'est aussi
dans l'intérêt de la nôtic et surtout de notre chère santé.
    — Un habile éditeur do musique, M. Bourguignon, qui. tout Lyonnais
qu'il soit, ne craint pas d'éditer et de publier les œuvres du terroir, vient
 de faire paraître trois romances d'une suave mélodie.
    La Rose, emblème de la beauté, le Lys, emblème de la pureté, la Vio-
 lette, emblème de l'humilité, sont, musique et paroles, une des plus
gracieuses compositions d'une dame noire compatriote, M rae Amélie Bîois-
sonnier qui, comme poète et comme musicienne, s'est déjà fait un nom
 dans notre ville. Aussi le succès de ces trois romances ne fait-il pas un
doute, d'autant plus qu'à la fraîcheur de la poésie et au coloris de la musi-
que se joignent une délicalesie et une pureté qui permettent à ces trois
jolis morceaux de pénélrcr dans les couvents et les pensionnats les plus
sévères, et ce n'est pas un mince mérite que cette honnêteté par les
  temps offenbacliiques qui courent. Merci donc à M. Bourguignon
d'être homme do goût et d'avoir osé exposer des intérêts pécuniaires sur
des œuvres qui ne sont pas écloses au gaz de Paris. La vogue de nos
trois mélodies l'en récompensera.
   Au moment ou nous écrivons, il se forme clans notre ville une Société de
topographie historique lyonnaise, ayant pour but la recherche et la publi-
cation des documents iuédits concernant la topographie ancienne de la
ville de Lyon, symptôme de plus de la vitalité de notre esprit provincial
et de l'amour des Lyonnais pour leur cité.
                                                            A. V.

              Lyon, inap. d'Anse VINGTRINIER,directeur-gérant.