page suivante »
LA FOSTÂINE DU DIABLE. 219 ses genoux, comme pour l'adorer. Elle se mit à sourire, en disant à une dame bien charmante aussi : — Voilà mon petit protégé, comment trouvez-vous ses cheveux d'or? N'est-il pas ravissant ? — Et tu as bien retenu tout cela, remarqua Yvonne, en menaçant, de son doigt maternel, le narrateur in- génu. — Parce que cela valait mieux que des sottises, ma mère, dit l'enfant ; — André le blondin, continua la grande dame, ton père consent-il à te voir partir avec moi, pour que je te place chez notre célèbre sculpteur? — Si telle est votre bonté, madame, mon père ne s'y oppose pas. — Alors, je t'emmène dans huit jours, mais aupara- vant nous irons voir la fontaine du Diable. Quelle ne fut pas ma joie lorsque madame la duchesse me fit admirer ses statues, ses œuvres d'art et qu'elle me dit, pour m'encourager : — Mon jeune ami, tu feras comme cela; conserve toujours l'espérance! J'étais fou de bonheur, si bien que, dans mes trans- ports, je m'écriai, hors de moi : — Oh! oui, madame, je vous le promets ! — « Anch'io son pittor ! » murmura encore Joseph. — Bravo, dit Madeleine, viens que je t'embrasse, mon frère André. — Ah! j'oubliais de vous dire qu'au château d'Etoile, on m'a servi une si belle collation, que je n'osais guère y toucher, vous pouvez m'en croire. Mais ce qui m'a inquiété beaucoup, c'est lorsque madame Diane m'a glissé cette bourse pleine d'or entre les mains. — Non ! non ! madame, ai-je dit vivement, ma mère ne le souffrirait pas. — Ecoute, André, je suis comme ta marraine, à pré-