Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                     POÉSIE



                      MA MÈRE.


                                              A celle qui
                         Toujours a bu l'absinthe et m'a laissé le miel.
                                                    (Victor Hugo.)




Une voix me disait : •« Laisse dormir ta lyre,
« Sur ses cordes n'éveille aucun frémissement;
« Nul ne t'écouterait, car la France soupire,
« Et les bons sont livrés aux fureurs des méchants.

t.   Ils se riraient de toi, si tu chantais encore
«    Nos immortels destins, les peuples ennemis;
«    Et chacun pleurerait, si ta lyre sonore
«    Disait les grands malheurs que le Ciel a permis.

«    Oh ! tu n'oserais pas, te couronnant de roses,
«    En fils d'Anacréon, célébrer le plaisir ;
«    Tu verrais des cyprès parmi les fleurs écloses
«    Et ton cœur attristé ne saurait que gémir.

«    Dans l'univers troublé qui, comme un fou, chancelle,
«    Il n'est pas un héros digne d'être chanté;
«    Si quelque homme de bien à tes yeux se révèle,
«    Pleure, pleure sur lui, c'est un persécuté.
                                                          a