Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                         LA MUÉC0NISAT10N                         477

tenant l'enfant Jésus sur ses genoux, et de chaque côté, au-
dessus du dossier, un ange portant un flambeau. A la droite
et à la gauche du trône est cette inscription en caractères
romains, mêlés avec des lettres onciales, divisée en deux
colonnes : -J- Anno Domini MCCXXIIII mense marlii obiit
Pariouz paler Parioudi preconizaloris qui jacet in hoc
 lumulo anima ejus requiescat in pace amen (1). C'est la
 plus ancienne mention d'un préconisateur lyonnais. Cette
 charge devait être lucrative puisqu'elle permettait à l'heu-
 reux titulaire le luxe d'une plaque de marbre historiée.
     Une ordonnance de Philippe-le-Long (juillet 1319) cite les
 preconisaliones ou cris publics (2).
     L'utilité incontestable de cet office devait attirer sur le
 choix du titulaire la sollicitude des magistrats. Une voix
 forte et haute, la prononciation nette et accentuée, étaient
 exigées des candidats soumis aux épreuves réitérées pour
 constater la parfaite constitution de l'organe vocal. Des
 avantages particuliers récompensaient les possesseurs d'un
 larynx aux cordes retentissantes.
     Mais il était fort rare de trouver des crieurs, comme
  celui de Montauban qui assourdissait sa famille et ses voisins
  par sa conversation privée, et, plus détonnant que le guer-
  rier à la voix d'airain dont parle Homère, faisait entendre
  distinctement le cri officiel a une distance de plusieurs
  lieues (3). Il fallait se contenter d'un buccinalor ordinaire ou
  d'un médiocre incantator.



    (1) M. Martin-Daussigny, conservateur des musées archéologiques,
 a publié le fac-similé de cette inscription dans la Revue du Lyonnais,
 2 e série, tome xxix, p. 107.
    (2) Recueil des ordonnances royales, tome n.
     (3) Monteil : Histoire des Français des divers Etats.