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448 LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON sont désertes et silencieuses, les kiosques vermoulus croulent et s'effondrent, tout est ruine et misère. On ne voit que trop que la démagogie a passé par là ; comme le feu, elle ravage et détruit tout ce qu'elle touche ; les ruines marquent toujours et partout le chemin qu'elle parcourt. Nos magnifiques serres croulent aussi sous le poids des ans, et la ville vient d'ajourner à d'autres temps leur réfection, sans doute au jour où nos collections, faute d'abri suffisant, ne seront plus que de l'herbe dessé- chée et pourrie. Il fut un jour, cependant, où la ville sut trouver de larges ressources pour payer cette hideuse orgie qu'on a appelée la Fête des Ecoles et qui fut donnée au parc. Le Conseil, pour nous démontrer les avantages de l'instruction laïque et obligatoire qu'il rêve d'imposer lyranniquement à nos enfants, réunit sur les pelouses tous les élèves de ses écoles municipales, qui coûtent si cher (1) à la ville et sont souvent si mal dirigées. Après des jeux où l'innocence avait peu à voir, un goûter fut servi aux enfants, sous un soleil brûlant et sans abri, et bientôt, ces pauvres enfants, après avoir bu à pleines rasades le vin bleu que leurs maîtres et leurs maîtresses libre-penseuses leur versaient largement, rou- lèrent, ivres et malades, sur les gazons Cette orgie (1) On compte, en ce moment, à Lyon, 222 classes laïques, dirigées par 226 maîtres et 214 classes des Frères, ayant 214 maîtres. Les écoles laïques coûtent à la ville 318,000 fr., et les écoles des Frères seulement 182,000 fr., ce qui fait une différence de 136,000 fr., ce qui n'empêche pas les démagogues de répéter calomnieusement partout que les écoles congréganistes sont seules favorisées. Le journal qui s'est fait l'écho de ces calomnies est précisément celui qui a eu le triste privilège d'être personnellement cité par Bismarck comme le secondant le mieux dans sa persécution contre la religion catholique.