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186 LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON
les garda à vue, jusqu'à dix heures du soir, en les acca-
blant des injures les plus grossières et des menaces les
plus sauvages. D'autres religieux furent aussi gardés Ã
vue dans leurs chambres, et, Ã onze heures et demie de la
nuit, ees mômes émissaires du Comité de salut public
emmenèrent huit religieux à l'Hôtel-de-ville. Après un
simulacre d'interrogatoire, on les traîna ensuite au bureau
de la police de la rue Luizerne, dans une pièce basse,
humide, remplie de malfaiteurs. La moitié du plafond de
cette chambre manquait, et l'eau de la pluie inondait les
malheureux religieux. Le lendemain, ils étaient transférés
à la prison Saint-Joseph, où on les fit attendre au Greffe
jusqu'à midi. Ils n'avaient pas mangé depuis vingt-quatre
heures et mouraient de soif. — On leur apporta une cruche
d'eau, mais pas même un peu de pain; puis, on les ferma,
chacun, dans une cellule.
Que fit alors la Justice ?... il est douloureux de le dire...
Ce ne fut qu'au bout de vingt jours que les portes de la
prison s'ouvrirent devant ces prêtres respectables, qui les
franchirent sans avoir été jugés, sans même avoir été enten-
dus... Disons le mot... on avait eu peur de les traduire
devant des magistrats réguliers, qui n'eussent pu que les
absoudre et condamner leurs geôliers ! ! !
Mais qu'était devenue leur maison pendant leur odieuse
séquestration ? je puise encore ces détails dans les procé-
dures criminelles édifiées..., si tardivement et si insuffisam-
ment, contre tous ces malfaiteurs.
La foule, je l'ai déjà dit, avait envahi toute la maison,
retrouver des actes aussi coupables. — Cette arrestation sera une
honte éternelle pour notre ville — et l'histoire dira les noms de tous
ceux qui y participèrent.