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LE SALON 77
sympathiques et l'on ne compte plus ses succès... mérités
en tous points, car sa peinture est consciencieuse, correcte
et jamais vulgaire ni lâchée. Cette année, il a exposé trois
tableaux. La Madeleine porterait plutôt les saints au péché
que les pécheurs au repentir ; elle est assez belle pour cela.
Mais pourquoi est-elle entièrement nue, ce qui est un peu
risqué pour une pénitente et pourquoi est-elle couchée dans
une grotte si basse qu'elle heurterait la voûte si elle se
mettait à genoux? Lcsbie en longue tunique blanche, d'un
blanc un peu trop vif, est debout près d'une table sur
laquelle est posé le cadavre de son moineau. L'expression
de sa figure est bien, mais, je ne sais pourquoi, il me sem-
ble voir en elle une Parisienne ou une Lyonnaise plutôt que
la Romaine chantée par Catulle. Connais-toi toi-même est
une lantaisie assez bizarre, qui peut avoir un certain succès,
mais M. Bertrand peut et doit faire autre chose que cela.
Talent oblige.
Le tableau de M. Jacquand : la Quête mensuelle repré-
sente deux capucins dans une grande salle. L'un tient un
sac ouvert et devant lui sont étalés des légumes de toutes
sortes. Un jeune entant plie sous le poids d'une citrouille
qu'il apporte aux bons pères, et sa mère le regarde en sou-
riant. Tout cela est simple, mais naturel et très-bien peint.
M. Compte-Calix a déjà exposé un grand nombre de
tableaux que l'on pourrait appeler anecdoliques et qui ont
été très-goûtés et, ce qui mieux est, très-disputés. Ceux
qu'il a exposés cette année ont eu le même succès et le méri-
taient. Vn petit chemin qui mène loin nous montre deux
jeunes gens qui cheminent bras dessus bras dessous sous la
feuillée. Le jeune homme parle à l'oreille de la jeune fille et
cette dernière parait pensive. On devine ce qu'il arrivera au
bout du sentier qui en effet les aura menés loin. Où diable
vont-ils, cette jeune personne et ce chien arrêtés derrière un