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BURGONDES. 33
des soldats qu'on y avait mis pour ^es garder. On prétend
môme que le nom de Bourguignons leur vient de ce qu'on
appelle, en langue du pays, des bourgs, les lieux fortifiés Ã
dessein de couvrir une contrée (i). »
« Tout cela, comme le dit fort bien M. de Belloguet (2).
dont nous aimons à citer souvent les appréciations, n'est
qu'une paraphrase infidèle qui donne en résultat, pour an-
cêtres aux Bourguignons, des soldais de Tibère, c'esl-à -dire,
des Romains, e! assimile complètement les bourgs aux camps
d'occupation de la Germanie. De ces deux assertions, la pre-
mière est étrangère au te.le, et la seconde, contraire à la
véritable pensée d'Orose.
XVIII. Enfin, au XIXe siècle, Marcus, dans son Histoire
des Vandales, publiée en 1836, se fondant sur l'autorité
d'Orose et du biographe anonyme de saint Sigismond, persiste
à soutenir qu'on doit accepter l'ancienne tradition qui fait
venir le nom des Bourguignons du mot allemand burg, bourg,
et de là cet auteur déduit qu'un lieu voisin de Cambridge,
Wandelsborough ,en Angleterre, tire son nom des Vandales et
des Burgondes qui furent transportés en ce lieu, par Probus,
lors de la défaite qu'il leur fit essuyer, en l'an 277 (3). »
XIX. Quelques auteurs, parmi ceux qui se sont occupés
de l'éfymologie des Burgondes, se rattachent indirectement
à la pensée d'Orose, sans s'assujétir à son texte, et trouvent
lé berceau de la nation dans les centum pagi de Tacite. Cette
opinion est celle de M. Edouard Clerc, dans son Essai sur
l'Histoire de la Franche-Comté. Après avoir rappelé le sys-
tème d'origine gauloise de Dunod: « Due opinion, dit-il,
beaucoup plus probable, indiquée par Guérin du Rocher, et
(1) Dubos. Histoire critique de la Monarchie française ; in-4°, 1742 ;
t. i, p, 145.
(2) Questions bourguignones, p. 19.
(3) Histoire des Vandales; in-8°, Paris, 1836, pp. 11 et 34.
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