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418               D3 lA HÉPUBLIQDE ROMAINE.

conquises par Rome pour participer aux droits et aux
honneurs do l'aristocratie conquérante.
   Quel plaisir c'était pour un candidat plébéien, venu de
Tusculum, d'Aricie ou d'Atina, de triompher au champ de
Mars de son compétiteur patricien par les suffrages des
hommes des cantons ruraux; de rapporter dans sa ville na-
tale !a chaise curule et les insignes de l'édilité ou de la pré-
ture, comme les trophées d'une victoire pacifique remportée
sur la ville dominante ! C'était là les dernières gloires des
bourgades du Latium et del'Etrurie, les revanches de l'in-
dépendance perdue. Ainsi les Fulvius et les Caton de Tus-
culum, les Curius de la Sabine, les Cœcilius de Préneste, les
Octave de Vélitres et bien d'autres entrèrent par les char-
ges curules dans la noblesse romaine et vinrent s'asseoir
au rang des trois cents sénateurs.Ils formèrent la noblesse
plébéienne à côté de la noblesse patricienne.
    Si cet heureux mouvement qui portait aux honneurs
les hommes nouveaux avait pu continuer, le Sénat de
Rome serait peu à peu devenu la représentation de tous
les cantons de l'Italie romaine.
    Les hommes riches des petites villes qui ne pouvaient
parvenir aux magistratures de la grande ville de Rome,
étaient inscrits à raison de leur fortune sur la liste des
citoyens romains de la première classe. Ceux-ci,depuis l'an
 400 avant J . - C , étaient tous chevaliers romains. C'est de
 l'ordre équestre que sortaient les hommes nouveaux, les
 candidats plébéiens.
    Aussi la lutte des chevaliers contre la noblesse sénato-
 riale, au dernier siècle delà République, n'est au fond que
 la suite de l'antagonisme de la plèbe contre le patriciat, de
la campagne contre la ville, de la nation italienne étendue
 jusqu'au demi-cercle des Alpes contre le peuple enfermé
 dras l'enceinte étroite du Pomœrium.
    Le droit de cité dépassait les limites même du sol quiri-
 taire. Les colonies n'étaient pas seulement des forteresses,
 c'étaient des branches du peuple romain provignées sur