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             POÉS'IE
                  ,-   -£s~!ijr*.jï~^s~^-~




           LE PROVISOIRE.

            (A mon ami J.-A. M.)



Cher, tu te plains du provisoire,
Vois-tu rien qui soit autrement ?
Lorsque tu maudis ta mémoire,
Tu ïa connais, assurément.
Invoque ton expérience,
Vers le passé fais un retour ;
Qu'avons-nous vu dans notre France
Depuis que nous sommes au iour ?

Quatre monarques provisoires
Se croyant tous définitifs ;
Leurs calculs étaient illusoires,
Trois sont partis en fugitifs ;
Comptons de plus deux républiques,
Joignons au tout comme ornements
Cinq ou six chartes politiques
Et nous n'avons pas cinquante ans !

Issus de pères provisoires,
Nous ne durerons pas plus qu'eux ;
Un beau matin, les ondes noires
Soudain s'offriront à nos yeux.
Nous aurons parcouru l'arène
Toi, sans te reposer jamais,