page suivante »
332 LES BEAUX-ARTS A LYON.
précités, à se prononcer pour le goût inspirant une chose
grande et belle, alors même que les règles n'eussent pas
été complètement observées.
La biographie de Soufflot nous a conduit à citer trop
tôt la loge du Change. D'importants travaux avaient été
entrepris avant celui-là par l'administration municipale :
les réparations de l'Hôtel-de-Ville, incendié à la fin du
dix-septième siècle, et les embellissements de la place
Bellecour prennent place, en effet, dans les premières
années du dix-huitième siècle. En parler sera trouver
occasion de nommer plusieurs architectes et artistes de
cette époque.
Les deux projets occupèrent simultanément le Consulat.
La restauration des parties incendiées commence peu
après Tannée 4 674 , et dès l'année 1686 (1 ), sur la
demande du duc de Villeroy, récemment nommé gou-
verneur de Lyon , est votée l'érection, au milieu de la
place Bellecour, d'une statue en bronze, représentant le
roi Louis-le-Grand à cheval.
Commandée, pour le prix de 90,000 livres (2), à Martin
Desjardins (3), sculpteur du roi et recteur de l'Académie
royale de sculpture et de peinture, la statue fut expédiée
de Paris ; elle arriva à Lyon en 4701 (4) avant qu'aucune
décision eût été prise pour le piédestal et aucun travail
exécuté sur la place Bellecour ; cela provenait de ce que
le Consulat avait renoncé à toute initiative, et, par flatte-
(1) BB, 243. Archives de Lyon.
(2) BB. 245 et 248.
(3) Sculpteur hollandais né à Breda,en 1640, mort à Paris, en 1694;
il avait reçu, en 1688, la commande du Consulat. Son vrai nom est
.Martin Van den Bogaert.
(4) BB, 260, elle avait suivi la voie fluviale jusqu'au Havre, de lÃ
elle avait été dirigée sur Toulon, puis était arrivée par le Rhône.