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r 252 LES BEAUX-ARTS A LYON. de 1760. Quatre pilastres ioniques, groupés deux à deux et élevés sur des piédestaux supportent un entablement couronné d'un fronton ; une croix au sommet et deux tor- chères sur les angles servent d'amortissement ; les ailes qui accompagnent cet avant-corps sont décorées d'un ordre dorique qui renferme les petites portes avec des bas- reliefs au-dessus : de grands ailerons raccordent ces ailes au corps central, et viennent se terminer aux statues de saint Just et de saint Irénée qui surmontent les bas- côtés. La porte du milieu a des montants d'un profil régu- lier et des consoles qui portaient autrefois le cartouche des armes de l'ancien chapitre de Saint-Just : la destruc- tion de ce motif de sculpture laisse trop d'importance au vitrail ovale qui est au-dessus de la porte. Si dans la façade de l'église de Saint-Just on trouve la recherche de l'élé- gance et le sentiment d'une belle ordonnance, l'aspect de la décoration intérieure de l'église des Chartreux éveille un tout autre ordre d'idées. Il ne peut en effet être ici question que de la décoration intérieure, car l'église des Chartreux commencée depuis le dix-septième siècle n'a pas encore de façade, et n'offre dans sa structure géné- rale (4) ni unité de plan, ni unité de construction. Cette décoration où le marbre, l'or, la peinture et la sculpture se mêlent, est un spécimen de l'art rocaille : nous sommes en pleine décadence, au milieu d'une ornementation co- quette, prétentieuse, fantaisiste et maniérée. Onen attribue, le plan à Servandoni (2) qui aurait donné aussi le dessin du baldaquin richement décoré et peint, que soutiennent (1) Nous reparlerons du dôme qui est d'un bel effet et dont les des- sins ont été fournis par l'architecte Soafllot. Cet artiste était encore à Rome lorsque les Chartreux s'adressèrent à lui. (2) Servandoni, Fauteur de la façade de l'église Saint-Supice. à Paris est né à Florence en 1695, et mort à Paris en 1766.