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                  LA FONTAINE DU DIABLE.                217

puisse écouter ici-bas!.. J'apprends la harpe au couvent,
mais ta lyre idéale me semble bien préférable. Et puis,
c'est toi qui chantes, entends-tu?... c'est toi, Joseph,
c'est toi!., et ta petite sœur n'admire rien comme tes
vers , parce qu'ils viennent de ton cœur si bon ! de ton
cœur dans lequel je veux une place.., parce que, tiens!..
je ne sais plus que te dire...
    — Madeleine, je chante encore, surtout depuis vos
vacances... vous êtes mon ange inspirateur !...
    — Voyez-vous cela!... Oh ! j'en suis bien heureuse!.
Et qu'ai-je donc inspiré, mon Dieu ?
    — C'est un secret, Madeleine, un secret que je dois
garder pour moi seul...
    — Voilà ! on me regarde toujours comme une petite
 fille... Pourtant, n'ai-je pas quatorze ans passés? je veux
 savoir quel est ce mystère...
    Pour dérouter l'enfant, Joseph lui parla de certaines
poésies étrangères au sujet principal de ses douces chi-
 mères, et Madeleine se déclara satisfaite. Les confi-
 dences fraternelles allaient bon train, lorsqu'une joyeuse
 voix se fit entendre.
    — Mère, je pars, dans quelques jours, pour Paris,
 avec madame Diane, et j'entrerai chez maître Jean
 Goujon.
     Le blondin aperçut Madeleine et Joseph, et leur donna
 une franche accolade, après en avoir fait autant à sa
 mère.
     — Est-il heureux de nous quitter, cet ingrat, dit
 Yvonne.
     — Vois-tu, maman, c'est pour notre bonheur ! Comme
 dit madame Diane, je suis créé pour l'art ; depuis bien
 des jours, je le sentais ! il faut que je travaille, que je
 suive ma vocation... c'était écrit, là-haut! mais un jour,