Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
104                     LE MYTHE »'lO.

dical de cet astre, comme Ra était celui du soleil. Certaines
parties de l'Egypte adoraient même comme dieu-lune le
dieu lob [Pi-ioh ou Phi-ioh, selon que ce nom est précédé
de l'article saïtique ou memphitique), et elles le représen-
taient avec un croissant sur la tête (1); ce qui nous montre
une fois de plus le vrai sens de cet emblème, si fréquent dans
les peintures et les sculptures religieuses de l'Egypte. Ce
dieu-lune se retrouve sous divers noms dans une grande
partie de l'Orient : il s'appelle Men dans toute l'Asie mi-
neure, Sin à Babylone, Aglyhol à Palmyre (2).
    On nie aujourd'hui presque absolument les relations de
la Grèce et de l'Egypte jusqu'au temps dePsammétik. Les
partisans exagérés de ce système ne veulent pas que la
Grèce doive rien à l'Egypte, et ils ne verront dans cette
ressemblance de langue et de culte qu'une rencontre for-
tuite.Peuvent-ils méconnaître cependant toutcequeles tra-
ditions argiennes racontaient des rapports étroits de cette
 ville avec la vallée du Nil? On fait de Danaiis un pur Grec,
parce que son nom est aussi le nom d'une grande partie des
peuples grecs ; mais ses querelles avec son frère Egyptus,
 et tous les récits qui font le sujet des Suppliantes d'Eschyle
doivent-ils être absolument relégués au rang des fables ?
Naguère aussi on traitait de fable l'histoire de Cécrops et
l'influence de l'Egypte sur Athènes; aujourd'hui, en lisant
à rebours, à l'européenne, le nom de la Neith saïtique, on
y reconnaît l'Athéné de Cécrops. Sans sortir d'Argos , le
nom d'Apis, un de ses premiers rois, qui devient dieu sous
le nom de Sarapis, n'est-il pas un indice des liens étroits
 qui ont rattaché primitivement l'Argolide et l'Egypte ? (3).

  (1) Guigniant, Planches, 142.
  (2) Voir M. Alfred Maury, t. III, p. 123 et suiv. — Féi. Robiou,
Histoire des Galates d'Orient, p. 145.
  (3) Dans son célèbre ouvrage sur Orchomène et les Minyem, Ottfried