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CHAZAY-D'AZERGUES EN LYONNAIS 49
fait son testament en son château de Marzé, dans la
chambre blanche du dit château, le ix septembre 1437. Il
veut être enterré en sa chapelle fondée dans l'église de
Notre-Dame d'Alix. Il veut un drap noir sur sa bière avec
une croix blanche en futaine; d'un côté ses armes, de
l'autre celles de sa femme, Catherine de Damas (20). On
donnera six petits blancs de roi à tous les prêtres qui assis-
teront à son enterrement; il ordonne mille messes, e t c . .
Son fils Jean sera mis en religion de Saint-Jean-de-Jéru-
salem... Guichard, son fils aîné, aura le château de Marzé
et les revenus qu'il a sur Morancé et Lacenas... Son fils
Hugonin aura son château de Belleroche et ses terres de
Charlieu et de Marchampt (21).
La paix d'Arras (143 5), entre le roi de France et Philippe
le-Bon, amena de grandes réjouissances en Lyonnais, mais
cette joie ne fut que de courte durée. En 1436 l'on vit
reparaître les horreurs commises autrefois par les Tard-
Venus. Les chartes d'Ainay nous parlent du passage de six
. cents écorcheursdans la vallée de l'Azergues, qui causèrent
les plus grands maux. Ce n'étaient ni les Anglais ni les
Bourguignons, mais bien les troupes royales elles-mêmes
qui se jetaient en pillards sur les plus belles provinces de
France. Parfois ils avaient à leur tête de vrais bandits ;
d'autres fois des chevaliers d'aventure, comme Rodrigue de
Villandrando, qui a laissé le nom de Rodrigois tristement
célèbre dans nos contrées. C'étaient même de grands sei-
gneurs français, nous dit Canat de Chizy, chez lesquels
cinquante ans de désordres et de guerre civile avaient
(20) Damas, marquis d'Autigny, comte de Ruffey en Dornbes, porte :
iT~or à la croix ancrée de gueules.
(.21) Mazures, t. I, p. 540.
N» 1. — Juillet 1850 ' 4