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292 HISTOIRE LITTÉRAIRE Le second des fils du comte Jigidius est certainement le père ou l'aïeul d'Afrania Syagria, cette dame lyonnaise, du commencement du Ve siècle, que ses vertus chrétiennes firent surnommer par Ennodius Magnus le vrai trésor de l'Eglise, par l'auteur de la vie de saint Eugende : la mère des églises et des monastères. II doit être encore la tige des Syagrius, poètes/rhéteurs, écrivains de Lugdunum dont l'existence semble se révéler vers la même époque. Du nombre de ceux-ci serait : Syagrius (sanctus), deuxième évêque d'Autun, le conseil- ler de la reine Brunechildis, la fameuse Brunehaut. « Cette « reine, dit un historien, fut secondée pour la construc- « tion des établissements religieux et de bienfaisance dont « elle enrichit Augustodunum par un homme avec qui une « grande conformité de vues et d'opinions l'unissait intime- « ment. Syagrius, attaché comme elle au parti gallo-romain, « avait été appelé a l'épiscopat par sa vertu et par sa science. « En lui, le zèle du pasteur s'alliait a la culture des lettres « chrétiennes et profanes ; son palais était une académie où « des jeunes gens de grandes familles venaient poursuivre « leurs études sous sa direction (1). » Saint Syagrius mourut en 600. Dans un article spécial, au e VI siècle, je me propose d'examiner l'influence littéraire de cet évêque et la pari qui lui revient dans la rédaction de la liturgie du monastère de Saint-Martin d'Autun, pleine de tant de réminiscences lyonnaises. De l'un des Syagrius laïcs du VIe siècle, serait sorti : Syagrius, 3 e abbé de Nantua, qui florit de 750 à 776, jouit de la faveur du roi Pépin, assista le pape Etienne au sacre de ce prince, très-probablement a la consécration de (1) Bulliot, Essai histor. sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, p, 18.