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ÉMIGRATION DES HELVÉTIENS. 225
duisit par un pas assez facile, dans celle de l'Àlbarine, d'où
ils débouchèrent sur l'Ain. Ils avaient évidemment envoyé
d'avance examiner le terrain et la position du passage. Une
partie de la nation suivit sans doute les bords du Rhône et se
réunit au corps principal sur les bords de l'Ain. Ce qui nous
montre qu'ils prirent ce chemin, c'est ce que dit César de la
terreur des Allobroges qui demeuraient au delà du Rhône;
car ce peuple occupait les deux rives du fleuve depuis les
environs de Seysse! jusqu'à la rivière d'Ain. Effrayés des
ravages qu'exerçaient les Helvétiens, les Allobroges passèrent
le Rhône, abandonnant leurs demeures et s'enfuirent auprès
de César. Les Helvétiens traversèrent l'Ain sur des radeaux,
probablement vers l'emplacement de Chasey : ce passage, vu
leur multitude et les moyens imparfaits qu'ils pouvaient em-
ployer, dut leur prendre une quinzaine de jours. Parvenus
chez les Ambarres (peuple qui occupait l'arrondissement de
Trévoux), ils traversèrent leur pays, mettant tout à feu et Ã
sang sur leur passage, et forcèrent ce peuple à se renfermer
avec ses troupeaux dans ses bourgs fortifiés et dans ses bois et
fourrés impénétrables. Les Ambarres envoient à la hâte des
députés à César, pour lui faire part de leur triste situation.
Les Eduens connaissant la direction que prenaient les Hel-
vétiens et voyant l'orage prêt à fondre sur eux, prient instam-
ment le proconsul d'accourir à leur secours.
Les Helvétiens, traversant ainsi le pays des Ambarres, se
rendirent sur les bords de la Saône, dont les prairies qui la
couronnent offraient une pâture abondante aux troupeaux
nombreux qui les suivaient : ils longèrent sa rive gauche et
n'effectuèrent son passage que vis à vis l'endroit où se présente
l'ouverture des montagnes dont nous avons parlé. Ce devait
être à Chalons on dans les environs. Ce passage eut lieu sans
doute comme celui de l'Ain, par le moyen de bateaux et de
radeaux confectionnés à la hâte : il leur prit plus de vingt jours.
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