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240                     HUMBLE REQUÊTE.

suite des dévastations toujours croissantes des lépidoptères et
de leurs adhérents. Il avisa, disons-nous, le bon prince, que
les abus de la chasse,en tempsqu'elle s'attaque aux petites races
d'oiseaux insectivores, étaient la cause première de la prodi-
gieuse multiplication des insectes nuisibles qui surabondaient
dans ses Etats. Que fit-il, le monarque, qui confondait dans
une égale haine les charançons, les maltotiers et les courti-
sans? Il résolut de faire aux insectes nuisibles une guerre
acharnée, à mort, une sorte de guerre de sept ans, non par
lui ni parsesBrandebourgeoisen personne, mais par les alliés
qu'il sut habilemenl associer à sa politique administrative.
Pour cela il ne consulta ni son gouvernement, ni ses minis-
tres, ni son conseil d'État, ni ses savants, ni ses chambres ,
ni son sénat, ni ses conseillers de département, ni ses préfets.
Il fit sa volonté despotique ; et, pour cette fois, il eut raison,
car il obtint sans conteste ce qu'il avait sagement conçu et
voulu. La chasse fut sévèrement prohibée pendant plusieurs
années dans tous ses Etats, qui alors.... alors ne venaient
pas confinera la terre de France. Quelques paniers de moi-
neaux furent apportés des provinces voisines comme corol-
laires de la loi. Enfin, les insectivores respirèrent et finirent
par se multiplier comme les fruits, les légumes et les trou-
peaux sur la terre de Chanaan. Et il en fut si bel et si bien
du concours reconnaissant de ces nouveaux alliés, que l'équi-
libre providentiel ne tarda pas à se rétablir, au préjudice des
insectes nuisibles et en faveur de l'abondance des récoltes
que les sages prévisions du roi étaient parvenues à ramener
dans ses Etats.
    Vous faut-il encore une autre autorité ? Vous faut-il la
sanction d'une autre expérience? la voici : Lorsque le Lyon-
nais Poivre mit le pied dans son gouvernement de Bourbon,
il se trouva que des nuées de sauterelles venues de Madagas-
car, avaient mis l'île aux abois. Par son ordre quelques pai-