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200 HISTOIRE DU BEAUJOLAIS son départ, et s'était fiancé à sa fille ; tout cela par politique. En 1107, au contile de Troyes, Louis obtint du pape la dis- solution dTuu mariage qui n'avait point été consommé, vu la grande jeunesse de la Gancée (1). Guy ne fut point dupe du prétexte de parenté invoqué à cette occasion : il considéra la chose comme une injure et, avec la soumission habituelle des seigneurs de l'époque, se révolla incontinent. Il se ligua avec les barons voisins, ses vieux camarades de sédition, organisa coalitions sur coalitions el, pendant plusieurs années désola les alentours de Paris par une guerre interminable (2). Il est logique de supposer que dans le cours de ces luttes intestines, Guichard de Beaujeu se lia avec Guy deRochcfort. Très-probablement il fut son allié ; la jeune délaissée fut le prix de ses exploits, la récompense de son courage ; c'est la seule explication naturelle de ce mariage lointain fort au- dessus des espérances don! Guichard pouvait se bercer. Biais par cela même que Guichard fu! l'ami, l'allié et enfin le gendre de Guy de Rochefort, il dut être l'ennemi de Louis- le-Gros. Bien que parent par sa femme, puisque parenté il y avait, il dut être complètement déshérité de ce qu'on appela depuis la faveur royale, fort peu de chose du reste à cette époque. Si la faveur royale lui lit défaut, l'alliance avec Guy, la confraternité des champs de bataille avec les seigneurs alliés de Guy, posèrent le sire de Beaujeu dans !e baronnage fran- çais. La petite seigneurie fui illustrée par les armes; elle eut un nom; elle compta. Ajoutez h cela que (es richesses de Guy durent contribuer au rapide développement des accrois- sements territoriaux dont nous aurons à parler. Ces richesses ne suffisaient pas toujours. On le voit e m - (1) Henri Martin, Hisl. de France, t. III, p . 212. (2) Henri Martin, Hist. de France, t. III, p. 212, 214 et suiv.