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446 NÉCROLOGIE.
le mauvais génie de la terre. Serviable et bon pour tous, il
étail aimé de tous. « Nul, a dit Boite], n'apportait dans ses
« relations plus de philosophie et de gaîlé, plus d'esprit et
« d'enjouement, plus de franchise et de cœur. »
« J'ajouterai que la maison de Socrate eût été trop étroite
pour lui, si nombreux étaient les amis sincères et dévoués qui
se pressaient autour de lui.
« Enfant du peuple, né à une époque où l'instruction
faisait défaut même aux fils de« plus riches, Genod, heureu-
sement doué, devina ce qu'il n'avait pu apprendre, et jamais
il ne se trouva au-dessous de la position qu'il avait conquise.
« Conteur aimable, ses amis garderont le souvenir de ses
piquantes causeries , que n'assaisonnait jamais le sel malsain
de la médisance. Sa verve d'artiste, dont il réservait les ma-
nifestations joyeuses pour l'intimité , aura laissé des traces
qui ne se perdront pas, nous devons l'espérer; recueillies
par une main amie, elles révéleront une face nouvelle de cet
esprit primesaulier dont le fond semblait inépuisable.
« Mais je m'arrête, Messieurs ; cette tombe, encore
ouverte, attend d'autres hommages. Organe de l'Académie,
j'ai voulu vous donner la mesure de ses regrets, en vous rap-
pelant ce que fut par le cœur, par l'esprit, par le (aient,
l'ami, le confrère, l'artiste que nous avons perdu. Puisse l'ex-
pression de notre commune douleur apporter quelque conso-
lation à sa famille si cruellement frappée dans celui qui fut
tout à la fois son soutien, sa joie et son orgueil !
« Adieu, Genod, cher confrère, au nom de l'Académie,
adieu ! »