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NICOLAS BERGASSE. 93
gner une cause d'humanité et de justice. Vadier, écrasé par
cette éloquence d'un fils qui portait le deuil de son père, fut
immédiatement décrété d'accusation, et la Convention dé-
cida que les biens des condamnés de la Terreur seraient res-
titués à leurs enfants (1).
Ce fut au sortir de cette détention que Bergasse épousa
lle
M Dupetit-Thouars, sœur de l'héroïque commandant du
Tonnant qui avait péri dans le désastre d'Àboukir. Cette
noble femme, enthousiasmée du talent et du courage d'un
homme qu'elle ne connaissait que par ses écrils, s'était juré de
n'appartenir à aucun autre. A la génération suivante, un
nouveau mariage devait cimenter les liens entre les deux
familles désormais inséparables, et si vous consultez, Mes-
sieurs, les registres actuels de notre marine, vous y trouverez
les noms réunis de Bergasse et Dupetit-Thouars dignement
portés par le petit-fils de l'ancien député de Lyon.
Retiré sous l'Empire tantôt dans sa modeste résidence de
Bellefontaine , près Fontainebleau , tantôt aux environs
de Lyon, chez son frère Alexandre qui fut lui-même un
esprit des plus éminents, il réunit, en un volume, sous le titre
d'Essais et Fragments, des morceaux philosophiques sur
Dieu, sur la nature, sur l'éducation, sur la vie champêtre,
qui avaient paru à diverses époques dans la Gazette de
France, et dont plusieurs ont mérité de rester comme mo-
dèles classiques dans nos manuels de littérature. C'est après
la publication de cet ouvrage que l'Académie de Lyon ins-
crivit le nom de Nicolas Bergasse parmi ceux de ses membres
correspondants.
Une seule occasion de se produire lui fut offerte en ce
temps où dans le monde entier la parole comme la gloire était
à un seul homme. L'empereur étant venu visiter Lyon après
(1) Séance du 26 germinal an m.