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NICOLAS BERGASSE. 31
semblée, est une critique à fond de l'œuvre de la Constituante,
qui n'était encore qu'à l'état d'ébauche. Votre projet de
constitution est-il monarchique ou républicain? demandait-il.
Il n'es! pas monarchique, car le prince n'en fait pas partie
intégrante, et s'il vous plaisait demain de l'en bannir, votre
projet y gagnerait au moins du côté de la logique. Est-il
républicain? pas davantage; car, outre que vous gardez un
roi au moins de nom, vous concentrez tous les pouvoirs sur
une assemblée unique, sans mettre dans la main du pays le
moindre frein pour modérer cette omnipotence. De plus, la
constitution était loin d'être terminée; comment adhérer
d'avance à un corps de doctrines qui n'est pas complet? Jurer
de le terminer, soit; mais de le maintenir, cela ne paraissait
pas sérieux. Pourquoi se désister du droit évident de revenir
sur la première ligne tant que la dernière n'est pas écrite? El
l'appel à la nation? si l'on renonce à en appeler à soi-même,
le roellra-t-on aussi de côté? Les députés ne sont cependant
que les secrétaires du pays dont ils ont reçu mandat et auquel
ils doivent soumettre leur œuvre. Ici nous voyons apparaître
pour la première fois cette idée persistante du côté droit de
recourir au peuple contre le despotisme de la majorité, pro-
testation naturelle aux minorités opprimées, mais condamnée
a l'impuissance, et qui devait suivre tous les actes du pouvoir
législatif depuis la constitution de 91 jusqu'au vote du 21
janvier.
Léopold de GAILLARD.
{La suite au prochain n°).