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16 NICOLAS BERGASSE. rendre populaire, l'assemblée le remplaça par Nicolas Ber- gasse, avocat à Paris (1). Si j'en juge par les trois tours de scrutin qui sont consignés au procès-verbal et par un écrit de Dominique Bergasse se plaignant de ce que Lyon avait ses Beaumarchais, l'élection du célèbre publiciste ue fut pas enlevée sans résistance. Pendant ce temps, le clergé et la noblesse avaient aussi rédigé leurs cahiers et nommé leurs députés. La première recommandation faite par les deux ordres privilégiés a leurs mandataires , c'était de se considérer non comme les repré- sentants d'un ordre particulier, mais comme les représentants de la nation. Tous les principes qu'on a aiguisés depuis en armes de combat entre les diverses classes de notre société française se virent, en ces jours heureux, hautement proclamés et réclamés comme la foi et !a garantie de chacune d'elles. La monaichie constitutionnelle , fondée sur- l'accord de la nation , des Eiats généraux et du roi, était évidemment la croyance et le vœu sincère des trois ordres. Aucun détail ne fut négligé comme indigne de l'assemblée qui allait avoir à réorganiser l'appareil de la politique et des lois. Je n'ai pu me défendre de frémir en rencontrant dans les cahiers de la noblesse le vœu que le supplice de trancher la tête devînt commun désormais à tous les condamnés à mort, à quelque ordre qu'ils appartinssent. Les rédacteurs des cahiers ne se doutaient pas à quel point ils allaient être exaucés, et que la guillotine serait un jour jugée trop lente contre les héroïques défenseurs de Lyon ! Les élus des deux premiers ordres , qui réunis devaient égaler en nombre la représentation accordée au troisième, furent pour le clergé : l'abbé de Castellas , doyen de la (1) M. Bouchardier n'accepta pas non plus d'aller à Paris, et fut rem- placé par M. Et. Durand, tanneur à Saint-Maurice-sur-Dargoire.