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tissent encore des sympathies qui accompagnent parfois jusque
dans la tombe ces simplicités d'existence.
   Mais" la retraite a aussi ses heures d'utilité. Il est sorti de nos
presses, dans le courant de l'année dernière, un mince petit
volume auquel nous avons consacré tous nos soins. Il ne porte
pas de nom d'auteur; il est entré dans le monde littéraire sans
appui, et cependant il a fait son chemin. Sous le titre sans pré-
tention de : Méditations de la raison et de la foi, (Lyon, Périsse
frères, 4859, in-12,) il touche aux plus hautes questions de l'hu-
manité. Comme le livre de l'Imitation, avec lequel il a plus d'un
rapport,ilditàl'hommequelebonheurn'est ni dans l'éclat, nidans
les grandeurs, ni dans les plaisirs du monde, et on sent que l'au-
teur parle de choses qu'il connaît. M. de Jussieu n'y avait pas
mis son nom, parce qu'il ne se croyait ni mission, ni autorité dans
de pareilles matières. Depuis lors il a dû avouer sa paternité en
acceptant les suffrages venus des plus hautes régions de la théo-
logie. S'il ne nous est pas permis de reproduire ces témoignages
flatteurs, nous citerons du moins l'opinion tout à fait conforme
d'un journal d'autant plus impartial dans cotte circonstance, qu'il
ignorait évidemment le nom de l'auteur. « Livre court, disait
l'Univers dans un compte-rendu du 11 octobre dernier, mais
substantiel ; une pensée sûre, une élégance austère, comme on
écrivait dans les grands ateliers de la pensée et de l'éloquence
chrétienne au XVIIe siècle... »
   M. Alexis de Jussieu avait publié, en 185G, à Avignon , un
poème intitulé : Un dernier chaut au Paradis perdu de Milton,
que le Journal des Débats appelait, dans son numéro du 13 avril :
« Une œuvre originale et fine, pleine d'éloquence et de suavité,
d'un tour gracieux, d'un solide éclat. » Si nous avions tenu la
plume du critique du Journal des Débats, nous aurions ajouté à
ces éloges que l'œuvre ne manquait ni d'imagination ni de puis-
sance, et nous aurions exprimé nos regrets de voir cette œuvre
tirée à petit nombre et non livrée au public.
   M. de Jussieu a fait paraître encore un volume de Discussions
politiques, de 1823 à 1830. (Paris, 1833, in-8, très-rare.) Cette
publication fut avant tout une défense de son caractère. Le pu-