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LA BATAILLE DE BRIGNAIS. 199 première rencontre avec ce ramas de vilains qu'il supposait peu nombreux. L'Àrchiprêtre, mieux aviso et sur le nombre et âur là bravoure des routiers, ne permit pas qu'on agît à la légère, et fit envoyer des coureurs en avant de l'armée, pour se renseigner sur les forces et sur la position des routiers. Séguin de Batefol connaissait l'incurie et la confiance té- méraire des armées féodales; depuis un siècle elles en faisaient habitude, et en avaient donné des preuves lamentables sur tous les champs de bataille. Il résolut donc de tendre un piège à Jacques de Bourbon, ne doutant pas qu'il ne vînt aveuglement s'y jeter. Quand on se rend de Saint-Genis-Laval à Brignaïs, en suivant la grande roule qui relie ces deux bourgs, on rencontre, près du hameau du Péron, à trois kilomètres environ de Saint-Genis, et au pied du coteau sur le flanc duquel le chemin se déroule, une petite plaine qui s'étend, à la gauche de la route, sur une surface d'un kilomètre carré environ, entre le coteau d'Irigny au midi, elle flanc occiden- tal du coteau de Saint-Genis au nord. Cette plaine assez unie se termine, du côté du couchant, par un pli de terrain qui se relève brusquement et forme une.colline de médiocre éleva-" tion, sur la droite de laquelle est situé le hameau des Ba- rolles. Cette colline vient s'appuyer perpendiculairement, du côté du midi, au coteau d'Irigny; elle est flanquée, au nord, d'une montagne pentueuse et beaucoup plus élevée, appelée le mont des Earolles; dé son sommet se détachent quelques petits tertres, aujourd'hui cultivés, mais autrefois couverts de cailloux. Sa pente est généralement assez raide, du côté de .l'orient; mais au couchant, elle s'incline doucement, et va, par une suite d'ondulations légères, s'évanouir en une plaine assez vaste qui environne Brignais. C'est dans cette plaine que l'armée des routiers était campée (1). (1) Pour tout ce qui regarde le lieu de la bataille de Brignais, voir les Annotations de Denys Sauvage sur Froissart. Annot. 88 e .