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128 COURS D'HISTOIRE DE IllANCE.
de la politique de Richelieu ou de Louis XIV, du traité de
Weslphalie ou de celui d'Ulrecht.
M. François vaut surtout comme ensemble. C'est la ré-
union des qualités que nous venons d'énumérer qui a fait
tout d'abord et qui a soutenu depuis le succès immense qu'il
a obtenu parmi nous. La grande salle de l'Hôtel—de—Ville
suffit à peine à contenir le nombre de ses auditeurs et les
dames font cercle autour de lui comme le premier jour.
M. François n'appartient pas à la famille d'Aristole, de
Kant, d'Hegel, de ces hommes qui ne vivent que par la
tête, et qui, dans leur immobile royauté intellectuelle, ne
savent pas s'incliner vers le peuple. Si tous les esprits d'élite
ressemblaient à ceux-là la science serait, à tout jamais scellée
pour le profane vulgaire. Pour la répandre dans le monde,
pour servir de médiateurs entre la vérité et les nations, il
faut des hommes plus complets qui réunissent à la fermeté
de l'intelligence la richesse de l'imagination et l'ardeur du
sentiment: des Bossuet et des Fénélon, des Jean-Jacques et
des Lamennais. C'esi dans celle dernière catégorie que
nous rangerons M. François; c'est là que le place la nature
de son talent.
M. François ne manque pas une occasion d'éclairer l'his-
toire politique par l'histoire religieuse et par l'histoire lit-
téraire. Cependant nous désirerions, pour notre compte,
qu'il pénétrât encore plus avant dans cette voie et qu'il
formulât plus souvent encore les lois des faits sociaux. Nous
croyons que le jour n'est pas éloigné où toutes les histoires
s'absorberont dans une seule, et où l'histoire de la littéra-
ture, l'histoire de la philosophie, l'histoire de la politique
feront place a l'histoire de l'humanité. Mais pour que l'his-
toire soit réellement une science, il ne suffit pas qu'elle
embrasse tous les phénomènes par lesquels le genre hu-
main s'est manifesté, il faut encore qu'elle les rattache Ã