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THÉÂTRES DE LYON. Le Grand-Théâtre nous a donné, pendant ces dernières se- maines, deux nouveautés : une pièce et un artiste • les Monté- • négrins et M. Bonnesseur. Nous avons à constater deux succès honorables. M. Bonnesseur a une voix de basse d'une excel- lente qualité, il la pose avec art ; sa tenue sur la scène est ex- cellente , tout révèle en lui l'acteur et le musicien ; aussi son ad- mission ne pouvait être douteuse, il a été accueilli par le public avec un véritable empressement. Avec un ténor comme M. Es- pinasse et une basse comme M. Bonnesseur, nous pouvons nous promettre de belles soirées musicales pour cet hiver. La voix pure et charmante de Mlle Hillen, qui brille à la fois dans le grand opéra et l'opéra-comique, a trouvé l'occasion de se faire appré- cier une fois de plus dans les Monténégrins, opéra d'un composi- teur belge, M. Limnander. C'est une musique à la fois agréable et estimable. Les compositeurs y trouvent de la science, un style distingué, et en l'écoutant avec les oreilles du simple vulgaire, tout le monde y reconnaît de la mélodie et une inspiration fran- che et vraie, sinon très-originale. Le plus grand défaut de la pièce, c'est le livret, qui est à la fois embrouille et bannal. Comme musique, nous préférons les Monténégrins à la plupart des opé- ras-comiques que l'on nous a donnés depuis longtemps. C'est parfois moins brillant, moins prétentieux surtout, mais il y a plus de douceur et de vraie mélodie. Pourquoi le public est-il si peu empressé au Grand-Théâtre? il y a eu pourtant d'excel- lentes soirées. 11 y aurait pourtant bien des choses à dire sur les causes qui tiennent, à Lyon, les femmes du inonde si éloignées