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462 MONOGRAPHIE M. Zell. Pline le naturaliste, parlant de la Gaule chevelue pos- térieurement au temps de Claude (iv, 77), distingue avec soin les diverses cités et nations libres et alliées, les villes latines et les colonies romaines ; elles n'avaient donc pas toutss la même condition politique. Spanheim a réfuté cette opinion que le droit de cité avait été conféré à tous les habitants de la Gaule cheve- lue, ses raisonnements sont fort judicieux. Selon Niebuhr, le discours de Claude a pour objet l'admission de quelques Gau- lois de la Gaule lyonnaise dans le sénat ; telle est l'opinion d'Ernesti, de M. Charles Zell et des critiques compétents ; elle est, aujourd'hui, généralement admise. Claude sollicita le droit de cité complet pour les principaux cfè la Gaule chevelue, et non pour tous les habitants de cette vaste contrée ; mais que faut-il entendre par ces expressions : Primi, Principales ? Désignent-elles les plus distingués des Gaulois par leurs richesses, par l'ancienneté de leur race, la puissance de leurs familles, mais des hommes de condition privée? Faut-il entendre par Primi et Principales, chez les Gaulois, dès fonc- tionnaires publics, des hommes élevés en dignités, fœdera asse- cuti, ayant obtenu des traités, et, plus particulièrement, les membres du sénat ou décurions gaulois ? Cette dernière opinion est celle qui paraît la plus probable à M. Zell, dont les raisonne- ments paraissent plausibles. On croira sans peine, avec Savigny, que l'ancienne noblesse gauloise composait l'ordre des décurions dans les villes principales ; c'étaient là les hommes que l'empe- reur Claude se proposait de faire entrer dans le sénat de Rome. Beaucoup étaient déjà pourvus du droit de suffrage , mais ils n'avaient pas le droit aux honneurs, bien autrement désirable ; on comprend donc facilement l'ambition de l'aristocratie gau- loise. On a vu dans quelles circonstances Claude avait prononcé son discours, on sait au profit de qui avaient eu lieu les sollicita- tions impériales ; un point reste à déterminer : quel en fut le ré- sultat, et que fit le sénat de Rome ? Tacite nous l'apprend en quelques lignes : « Orationem prin- cipis, secuto pâtrum consulto, primi ^Edui senatorum in urbe