Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                                   FÉLIBRIGE.                                     511

       Fai un jour galoi e blu,                   Il fait un jour joyeux et bleu, —
                                                le soleil d'hiver resplendit, — ses
     Lou soulèu d'ivèr escandiho,               rayons rient dans l'herbe • et  —
       Soun dardai ris dins l'erbiho            trouent les pins de raille étincelles.
  E trauco li pin de milo belu,                 — Que l'abri est doux!—Couché sur
          Que la calo es douço !                la mousse, — caresse-moi vite, —
                                                baiser du soleil.
          Coucha sus la mousso,
         Caresso-me lèu,                          Kt la terre farandole, — de baisers
                                                jamais assouvie.
         Poutoun ddu soulèu !
           E la terro farandoulo,
           De poutoun jamai sadoulo.

          Li blad verd se soun daura ;            Les blés verts se sont dorés; —-
       L'aire brulo e la caud acraso;           — l'air brûle et la chaleur écrase ;
                                                — point de nuage, il pleut de la
          Ges de nivo, plôu de braso ;
                                                braise ; — les bêtes, les gens, le
    Li bèstio, li gènt, lou sause e lou    •>   saule et le pré, — de soif tout lan-
        De set tout barbèlo.                    guit. — Oh ! que l'eau est belle ! —
       Oh ! que l'aigo es bello !               Oh ! qu'il est frais et bon — le baiser
                                                des fontaines !
       Oh ! qu'es fres o bon
        Lou poutoun di font !                     Et la terre farandole, — de baisers
                                                jamais assouvie.
      E la terro farandoulo,
      De poutoun jamai sadoulo.

        Mai un flasque de vin vièi                Mais un flacon de vin vieux —       •
                                                encore mi'eux ôte la pépie ; — le vin,
     Enea mies lèvo la pepido;
                                                le vin c'est la vie ; — en joie, en
        Lou vin, lou vin es la vido ;           amour, le vin est le roi ! — Versez
Enjoio, en amour, lou vin es lou r è i !        rouge et clair, - j'épuiserai le broc ;
          Vojas rouge e linde,                  — je ferai quatre-vingts, — cent
                                                baisers au vin !
          Agoutarai l'inde ;
          Farai quatre-vint,                      Et la terre farandole, — de baisers
          Cent poutoun au vin.                  jamais assouvie.

     E la terro farandoulo,
     De poutoun jamai sadoulo.

        Souto lis amelié blanc,                   Sous les amandiers blancs — les
                                                belles filles empourprées, — corset
      Le bèlli chato cremesino,                 riche et taille fine, — se récréent à
        Boumbet riche e taio fino,              courir avec leurs galants — Cher-
  S'espasson à courre emé si galant.            chez-vous, baisers — des lèvres ju-
          Cercas-vous, poutouno                 melles ; — pauvres amoureux, eni-
                                                vrez-vous !
          Di boucobessouno.
          Pàuris amourous,                        Et la terre farandole, — de baisers
          Embriagas-vous !                      jamais assouvie.

        E la terro farandoulo,
        De poutoun jamai sadoulo.

                                                   Une mère, sur son cœur, — berce
        Uno maire, sus soun cor.
                                                l'enfant de longues heures ; — aus-
      Bresso l'enfant de lônguis ouro ;