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372          NOTES ET DOCUMENTS SUR CORDELLES

ponsables des événements fâcheux qui pourraient résulter
de l'emploi de la force. Il est à craindre qu'elles ne joignent
au fanatisme religieux le fanatisme de la liberté, car elles
veulent être libres de conserver leur culte. Que faire donc ?
Renouveler les dragonnades tant reprochées à Louis XIV ?
Armer les gardes nationales ? Mais c'est armer les citoyens
les uns contre les autres, c'est préparer la guerre civile ! Le
curé constitutionnel de Cordelles a été installé par la muni-
cipalité ; mais cette dernière a failli être victime de la fureur
populaire et s'est vue forcée de donner sa démission en
masse. Nous allons donc encore temporiser. »
   L'émotion provoquée par ces différentes tentatives infruc-
tueuses pour installer le curé constitutionnel, ne se calma à
Cordelles que lorsque la liberté du culte eût été rétablie.
Un prêtre assermenté séjourna bien dans le village avec le
titre de curé, pendant les plus mauvais mois des années 1792
et 1793 (1), mais les habitants refusaient d'accepter son
ministère. Un de leur compatriotes, M. Prajoux, dont plu-
sieurs documents du temps louent le dévouement, leur
administrait les sacrements et remplissait à Cordelles les
véritables fonctions de pasteur.
   On dit même que, protégé par l'affection des habitants du
pays, il ne se préoccupait que relativement de cacher sa
personne aux envoyés du directoire de Roanne, qui vinrent,
à plusieurs reprises, pour le mettre en état d'arrestation.
   En 1826, M. l'abbé Pousset, curé de Saint-Bruno, à Lyon,


   (1) Les rares registres paroissiaux de Cordelles qui sont parvenus
jusqu'à nous, nous font connaître les noms des officiers municipaux de
cette époque (1793-1802) Gaillet, Patard, Bret, Colombat. Le premier
registre (1774-1793) est paraphé : « Durand, De Meaux, lieutenant-
général à Montbrison. »