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268 AUGUSTE ALLMER. pour Allmer, eut le tort ici d'être trop confiant. Allmer avait proposé de voir dans une inscription du forum d'Aix, IIIISTERCVS S..ERCVRI, une défense de déposer des ordures autour d'un temple d'Hercule ou de Mercure. M. Desjardins fut tellement séduit par cette restitution qu'il fit violence au texte pour y lire et y inscrire Mercur (ii) sans aucune réserve. Hélas ! sur les observations de M. Hirsehfeld qui avait, à sa demande, examiné la même inscription, Allmer recon- naissant son erreur écrit avec une contrition pleine de malice un peu âpre : « Nous ne croyons plus du tout qu'il s'agisse d'un temple de Mercure ou d'Hercule. Il s'agit de quelque chose de tout différent d'un temple, de beaucoup moins grandiose et en même temps de beaucoup mieux approprié aux besoins du lieu ; il s'agit, disons-nous, d'une fosse à fumier STERCVLinum, à laquelle « celui dont le bétail » aura fait du fumier sur « le champ de foire, devra porter ces immondices» : STERCVS STERCVlinopublico(?) ingerere DEBEBiT. « Un fumier public en échange d'un temple à Mercure, voilà pour le vicus d'Aix un bien maigre dédommagement ! et puis quel réalisme infect à la place d'une si poétique fiction ! et quelle chute pour notre brillante hypothèse si chaudement embrassée par M. Desjardins : entrevoir l'Olympe et aller tomber dans la fosse à fumier d'un champ de foire !! » (Rev. Épig. du Midi, t. I, p. 352.) Mais je crois inutile d'insister sur ce léger défaut chez un tel homme. Il vaut mieux admirer cette ardeur et cette passion du travail intellectuel que ni la pauvreté, ni les douleurs morales, ni le poids des ans, ni de cruelles infir- mités n'ont pu décourager. Presque jusqu'à la dernière heure ce bon ouvrier a fait sa tâche, La veille même de sa mort