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FRANCISQUE BOUILLIER 13 I
le meilleur-d'après lequel il se détermine n'est limité à aucun
degré, n'est concentré à aucun point du temps ou de l'espace
mais qu'il embrasse tous les degrés et tous les espaces
possibles. Elevé à cette hauteur, l'optimisme triomphe de
•toutes les objections tirées de l'expérience et du spectacle
du monde.
En 1851, il traite de l'Origine du langage et de ses rapports
avec la pensée. Il expose les deux opinions qui se sont pro-
duites sur cette question, celle de Condillae d'après laquelle
le langage est d'invention humaine, et celle de l'école
théocratiquc de de Maistre et de Bonald d'après laquelle il
est d'institution divine. Il les soumet suivant sa méthode
à l'épreuve d'une rigoureuse analyse expérimentale : il
arrive ainsi à conclure que le langage est bien un produit de
l'activité humaine, mais un produit naturel et nécessaire;
il est bien aussi d'origine divine, en ce sens qu'il résulte de
la constitution physiologique et intellectuelle de la nature
humaine et des lois que Dieu lui a données en la créant.
En 1852, il présente un travail sur les rapports de ta liberté
et de la propriété, où il montre que la raison du droit de
propriété est dans le travail, et pour remonter plus haut,
dans la liberté dont le travail est la plus énergique manifes-
tation au dehors. La propriété est à la liberté ce que le corps
est à l'âme ou la parole à la pensée, elle est une extension
même de notre personnalité, et c'est de là que vient son
caractère sacré et inviolable.
En 1853, il iit <-lcllx études, l'une sur le cartésianisme de
Bossitet, l'autre sur l'Hypothèse cartésienne des béles-niachincs.
Dans la seconde il arrive à restituer aux bêtes la vie, le sen-
timent et un certain degré d'intelligence. De là il est conduit
par les règles de l'induction la plus rigoureuse à leur accor-
der une âme, une force simple et indivisible, douée d'un