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FRANCISQUE BOUILLIEU 9 « Lyon de ma première enfance, ce Lyon que je revois cha- « que année avec un nouveau plaisir ! Non seulement il s'est « agrandi au point d'avoir 500.000 habitants, au lieu de « 200.000, mais il s'est à proportion assaini et embelli. Trois « grandes percées centrales, rues magnifiques, font partout « pénétrer l'air et le soleil. Les quais du Rhône et de la « Saône, élargis, exhaussés, préservent désormais la ville des « inondations, de superbes ponts, des pavés plats, de larges « trottoirs, de l'eau et des fontaines, et l'arrosage, ou môme « un excès d'arrosage. En un mot Lyon, qui était une des « plus sales villes de France, est devenue une des plus pro- « près. » A cela il joignait bien quelques critiques, notam- ment au sujet des bâtiments scolaires qu'il aurait voulu d'une architecture plus simple comme à Paris. En 1825, à 12 ans, il quitta Lyon pour Paris où l'appelait une tante vénérée, veuve et sans enfants, Mme Philippon de la Madeleine ; elle voulait le mettre au collège Stanislas en grande faveur alors comme aujourd'hui. Bien que dirigé par dès Pères Maristes ayant à leur tète l'abbé Lieutard, les classes y étaient faites par des professeurs de l'Université. Le souvenir de ce séjour à Stanislas était resté très vivant chez F. Bouillier, et il aimait à en parler. D'abord, avant d'être enfermé au collège, on l'avait promené dans Paris, « qui comme Lyon, disait-il, a bien changé depuis ce temps-là ». Il avait vu les galeries de bois du Palais Royal, la place du Carrousel, encombrée d'édifices et de baraques et traversée par de petites rues tortueuses. Il avait assisté au spectacle de la fête de la Saint-Charles, fête du roi, le 4 novembre, à la messe de la chapelle des Tuileries et au défilé de toute la cour en grande cérémonie, dans la galerie vitrée, qui a disparu sous Louis-Philippe. Aux Champs-Elysées, il avait vu des fontaines de vin, autour desquelles la foule se