page suivante »
DES GRANDS CARMES DE LYON 419 Toutefois, à côté de ceux que nous ont conservé les archives du couvent et que nous citerons au chapitre des Fondations, il y en a que les historiens de Lyon nous ont transmis. On sait qu'au xm e siècle les troubles d'Italie, et notamment la guerre civile des Guelfes et des Gibelins jetèrent en France plusieurs négociants italiens qui n'eurent d'autres moyens pour se tirer de la misère que de se livrer au trafic de la Banque. Les premiers établis en France furent les Lombards, qui allèrent se fixer à Paris vers 1295 (Mé- nestrier, Hist. consul., p. 393). Le P. Ménestrier prétend qu'après eux vinrent à Lyon les Florentins, et que ceux-ci furent suivis, plus tard, par les Lucquois, les Génois et les Piémontais, tous guelfes ou vaincus; que ces étrangers, devenus si nombreux, formèrent de vrais corps de nations et acquirent bientôt d'immenses richesses. Les Génois ont dû paraître à Lyon presque en même temps que les Floren- tins, puisque l'église des Carmes, qu'ils avaient choisie pour le lieu de leurs assemblées chrétiennes et pour leur paroisse, dut en 1350, aux libéralités de l'un d'eux, Phili- bert Vitalli, l'édification de la première chapelle. Mais elle ne put, par la suite, contenir les tombeaux de tous; aussi, quelques-uns se firent-ils inhumer dans d'autres parties de l'église; c'est ainsi que Bernard Ferraris, patrice génois, le premier de sa famille qui était venu s'établir à Lyon, où il mourut le 3 avril 1589, fut inhumé dans la sacristie. Son mausolée, qui était en marbre, existait encore avant la Révolution de 1789. D'autres, comme les Costa, firent construire les églises des Pères Capucins ; les Pianelli optèrent pour l'église des Jacobins, où ils firent restaurer la chapelle de Saint-Pierre, martyr, et Saint-Léonard. Les noms des autres familles génoises ont été relevés par l'abbé Pernetti sur les pierres des tombeaux ; il en donne la liste