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                        LES
354                           ORIGINES

à y trouver sa place. Les grosses faveurs ne sont pas pour
tout le monde : forcément il faut se contenter de peu. La
vie est si dure sous le Directoire, que le moindre emploi
rétribué est extrêmement recherché. L'Assemblée nationale,
à la veille de sa dissolution, avait "promulgué le 17 sep-
tembre 1792, une loi qui ordonnait que les veuves et
orphelins des défenseurs de la patrie tués à la guerre,
fussent employées de préférence pour le service des hôpi-
taux militaires. Il en résulta que veuves ou non., beaucoup
de femmes s'établirent dans les maisons qu'on leur ouvrait
ainsi.
    Leurs services étaient médiocres et leur nombre consi-
dérable. Le 15 thermidor an VIII (3 août 1800), l'Eco-
nome du Val-de-Grâce écrit les lignes suivantes qui se
passent de commentaires : « La véritable économie serait
celle de tout le gaspillage qu'entraîne la multitude des
individus. Qu'on compare le service fait ancienne-
ment dans nos hôpitaux civils par un si petit nombre de
filles de la Charité, aidées par quelques hommes de force,
et l'économie se révolte de cette nuée d'infirmiers et de
sous-employés multipliés dans les hôpitaux militaires. »
    La question des logements fut la plus difficile à résoudre.
Une fois installés, les fonctionnaires ne veulent plus
déguerpir, quand bien même ils sont arrivés au terme de
leur mandat. L'une a son mari aux armées ; tel autre sa
femme malade : misères si l'on veut, mais qui dépeignent
à la fois l'époque et les mœurs administratives qu'on met en
pratique. Le 28 prairial an X (29 juin 1802), les malades
de l'Hôpital signent une pétition pour obtenir que l'exercice
du culte soit rétabli dans l'église du Val-de-Grâce, on n'en
tient pas compte, et ce beau monument deviendra pendant
toute la période impériale, un dépôt d'effets d'habillements,