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DU VAL-DE-GRACE 345 Il fut alors décidé après conseils et mûres délibérations, que le monastère abandonnerait la campagne pour être transféré dans un faubourg de Paris. Le fief du Petit-Bour- bon ayant présenté les meilleures conditions, il fut convenu qu'on en ferait l'acquisition. La question d'argent fut libé- ralement tranchée par la reine et le contrat passé le 16 mai 1621 au prix de trente-six mille livres. De ce jour date la prospérité du couvent ainsi réformé. Anne d'Autriche en est la protectrice, bien plus, elle y fait de fréquentes visites, plus tard elle y aura son appartement et y demeurera parfois pendant quelques jours. Mais en attendant, il faut se mettre à l'œuvre et appro- prier à sa nouvelle destination l'ancienne châtellenie du Petit-Bourbon. Le 3 juillet 1624 la reine pose elle-même la première pierre du nouveau cloître et s'engage à payer la moitié des frais. Lorsque le roi mourut, Anne d'Autriche devenue régente résolut de mettre alors à exécution son projet d'élever à Dieu un superbe monastère en recon- naissance de la naissance du jeune Louis XIV, qu'elle avait eu après vingt-deux ans de stérilité, et elle confia à Mansard, architecte de la couronne, le soin d'en tracer les plans et de les exécuter ensuite. Le I er avril 1645 le jeune roi, âgé de sept ans, conduit par sa mère, vint en grande pompe poser la première pierre de l'église. À dater de ce moment, et pendant plus d'un quart de siècle, les travaux seront poursuivis avec activité : ils ne seront suspendus que durant une courte période à l'époque des troubles de la Fronde. Sans entrer dans des détails techniques relatifs à cette œuvre de premier ordre, nous dirons seulement que les débuts furent très difficiles, qu'on rencontra tout d'abord trois étages superposés de cata-