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              LAURENT MEILLET DE MONTESSUY                 317

   « Par ma méthode, termine Meillet, Monsieur le Marquis
de Miribelse rendit plus désireux d'apprendre et plus cupide
de gloire et d'honneur que par toutes les règles de gram-
maire et préceptes scolastiques que ses précepteurs lui ont
jamais donnés, le rudoyant et prenant de mauvais biais : et
à la vérité toute leur estude et advancement fut un labeur
et un temps perdu. »
   Si Meillet parle ainsi, c'est que son élève lui a fait hon-
neur, « un jour, n'ayant encore sept ans, il remplit d'admi-
ration Monsieur le Président Janin, venu exprès de sa
maison de Mont-Jeu pour voir Suilly et visiter la Gallerie :
car il (Henri de Saulx), lui rendit des résolutions sur plu-
sieurs devises et graves sentences qui ne ressentayent pas
son enfant mais plutost quelque homme bien versé en la
moralité et intelligence des emblèmes et qui eust exactement
fueilleté toutes les œuvres de Pliitarque (18). »
   Pierre Jeannin, premier président au Parlement de Bour-
gogne, ami et conseiller d'Henri IV, homme d'Etat des
plus habiles et des plus instruits, devait être bon juge, et si
les compliments faits à l'élève ont un peu enorgueilli le
maître, il faut lui pardonner d'avoir cru sur parole le Pré-
sident dont le roi disait, « il a autant de franchise que de
prudence. »
   L'an 1607, Henri de Saulx-Tavannes, entrant dans sa
treizième année, son père résolut de l'envoyer à la Cour de
France en compagnie de son gouverneur.
   « Pendant la vie d'Henry-le-Grand, explique Meillet (19),
il fut proposé de faire élever quelques enfants d'honneur


  (18) Ed. 1618, pag. 427.
  (19) Ed. 1618, pag. 822.