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l6 LE CENTENAIRE DE L'ASSEMBLÉE DE VIZILLE
sorte de revanche providentielle dans le choix d'un lieu
rempli de tels souvenirs ?
Voyons maintenant comment les choses se passèrent.
Treize ans auparavant, cette espèce de palais qu'on appelle
le château de Vizille et qui fut l'œuvre du grand conné-
table (4) avait été acheté avec les terres qui en dépendaient
par M. Claude Périer, du dernier duc de Villeroy, descen-
dant de Lesdiguières par les femmes. M. Périer, riche
négociant, fit à ses hôtes une réception quasi royale. La
séance se tint dans l'ancien jeu de paume converti en
manufacture et il ne se rencontra pas de Mirabeau à ce jeu
de paume, comme il s'en trouva un l'année suivante à celui
de Versailles. Le même amour du bien public, la même
ardeur pour de saines réformes, le même respect pour la
royauté légitime animaient tous les Membres de l'Assem-
blée, tous les délégués des divers ordres.
Sans doute, il y avait de grandes inégalités de représen-
tation, par suite de convocations faites à la hâte, sans
autorité officielle reconnue; mais enfin, les présents stipu-
lèrent pour les absents, et les trois-ordres se groupèrent
hiérarchiquement. La grande salle du jeu de paume put
facilement contenir les cinq cent quarante députés des
trois-ordres de la province.
Les députés grenoblois, se trouvant beaucoup trop nom-
breux, proportion gardée se réduisirent à 10 voix. On ne
cherchait pas à empiéter les uns sur les autres. Un esprit
de conciliation dominait alors dans tous les rangs.
Quoique l'heure indiquée fût deux heures de l'après-
midi, on se trouva réuni à huit heures du matin et on prit
séance sur-le-champ.
(4) Il rappelle l'architecture du château de Fontainebleau.