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470 LES TOMBEAUX Dauphiné, morte en 1585, et .inhumée à Saint-Pierre-le- Vieux, le 17 avril de la même année (1). POMPONE DE BELLIÈVRE. •— « Pompone sera la gloire « de ma famille, » — disait Claude de Bellièvre à ses amis, en parlant de son fils encore enfant (2). L'avenir devait confirmer cette prédiction paternelle, que justifiait déjà la précoce intelligence du jeune Bellièvre. Pompone est en effet celui des Bellièvre dont la haute fortune jeta le plus d'éclat sur le nom de cette noble famille. Cette grande figure a peut-être été trop peu étudiée. Pompone est bien le type de l'homme d'Etat de la fin du XVIe siècle, époque de troubles incessants, de discordes mal étouffées par d'innombrables négociations qui exi- geaient de prodigieuses ressources d'esprit et ne lais- saient à 3a vie aucun repos, aucun loisir. Ainsi en fut-il de Pompone. Sa naissance semblait le réserver à la magis- trature, et à plusieurs reprises il remplit dignement de hautes fonctions judiciaires ; mais sa destinée sembla se complaire à l'arracher chaque fois au siège de la justice, pour en faire le plus grand négociateur de son temps. Ja- mais vie plus agitée que la sienne, jamais aussi vie mieux remplie. Tour à tour magistrat, ministre, ambassadeur, conseiller d'Etat et chancelier de France, il remplit toutes ces fonctions avec talent et sagesse. A une époque où la modération était incomprise, il sut se garder des excès de parti, et comprendre, au milieu de tant de trou- bles et de passions violentes qui s'agitaient autour de lui, quel système politique pouvait rendre à la France déchi- rée par cinquante ans de guerres civiles la paix etla.pros- périté d'un âge meilleur. (1) Registres de Saint-Pierre-le-Vicux. Ann. 1585. (2) Papire Masson. Elogia. u, p . 365 et s.