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118 HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LYON.
Si veulx prier la grâce en toi comprise,
Et les vertus qui tant te font valoir
De prendre en gré l'affectueux vouloir
Dont ignorance a rompu l'entreprise
De m'acquitter (t).
3° Pernette du Guillet; née à Lyon vers le commence-
ment du XVIe siècle,, était encore fort jeune quand elle
apprit le latin et l'espagnol, deux langues dont la con-
naissance entrait alors dans l'éducation d'un certain
monde. Plus tard elle reçut des leçons de grec et de latin
du célèbre Maurice Scève. Voici comment en parle Guil-
laume CoUetet : « Entre autres qualités qui la rendoient
« aimable, elle savoit parfaitement jouer de toute sorte
« d'instruments musicaux, particulièrement du luth et
" de l'épinette, et comme elle savoit bien faire des vers,
« elle les savoit réciter si agréablement dans les bonnes
"compagnies, que sa personne y étoit toujours fort
« souhaitée (2). «
Le nom de son époux nous est inconnu ; nous -'"avons
seulement qu'après quelques années d'une union paisible,
elle mourut jeune encore, en 1545, vivement regrettée des
gens lettrés. Claude de Rubys a jeté des soupçons sur
ses mœurs (3) ; mais rien n'autorise à croire qu'elle se
soit jamais écartée de ses devoirs. « On en trouverait au
besoin la preuve dans la vivacité des regrets que son
mari fit éclater à sa mort si soudaine et si prématu-
rée (4). Ce fut sur ses instances qu'Antoine du Moulin
publia les poésies de Pernette du Guillet, poésies où l'on
(1) Voir le P. Colonia, Hist. litt., tom. 11, p. 542.
(2) Vie des poètes français, par Guillavme CoUetet. —Cet ouvrage iné-
dit est conservé à la bibliothèque du Louvre.
(3) Dans son Avant-Propos de l'Histoire de Lyon.
(4) Biograph. univ. suppl.