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FfiDOR ET LOUISE. 487
dois-je conserver l'espérance? Puis-je boire ce verre à la santé de
nia chère fiancée ?
Mm" Lomann ne répondit pas un mot, seulement elle leva son
verre. Mais au même instant elle le laissa tomber avec un cri
d'effroi. Pâle comme la mort et la bouche ouverte, elle était tour-
née vers la porte, dans laquelle elle avait aperçu un fantôme blanc
et menaçant qui avait aussitôt disparu.
— Qu'avez-vous, ma chère, s'écria Baldauf étonné . cherchant
en vain la cause de cette frayeur ?
— L'esprit de la conseillère ! balbutia Mme Lomann, tremblante
connue si elle avait la fièvre. Lu à cette porte elle m'a
menacé de la main.
— Mais non, ma chère, répliqua Baldauf; la veille, le punch,
votre excitation... Croyez-moi, ce n'était qu'une illusion de l'ima-
gination.
Non ! non ! dit M"'e Lomann, toute émue, je l'ai vue distincte
ment. Qui aurait ouvert la porte si doucement? Ce n'est pas la
conseillère, elle est étendue sans connaissance et sans force sur
son lit.
— Hum ! hum ! grogna Baldauf, inquiet. Avez-vous réelle
ment v u ? Alors c'est la conseillère qui, pâlie par la mort, a
voulu vous donner seulement un avertissement.
— Je n'ose pas y aller pour voir ce que c'est.
— Je n'en ai pas non plus grande envie, répliqua Baldauf
pensif. Je consacre volontiers mes services aux vivants , mais
j'ai trop de respect pour les morts ! Paix aux trépassés ! Appc
Ions la femme de chambre, les domestiques et la cuisinière. Ces
gens là ont des nerfs plus solides que les nôtres.
Avant que Baldauf ait pu donner suiic à son projet, la femme
de chambre se précipita dans la salle : — Est-ce donc Mme la
conseillère qui a presque arraché la sonnette ? demanda-t-elle
étonnée, et sans attendre de réponse elle entra dans la chambre
de la mourante.
M"1" Lomann tomba en défaillance, el son évanouissement
n'élait. point simulé. Ce l'ut un bonheur que Baldauf se trouva
là pour la soutenir dans ses bras.