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                        FEDOR ET LOUISE.                        399
la vie éternelle. Elle pleura d'abord, puis la colère remportant:
Misérable ! dit-elle à son frère, qu'est-ce que cette bête t'a fait
pour la torturer ainsi ? Tu perdais connaissance pour une petite
brûlure à la paupière, et cependant tu brûles les deux yeux à ce
pinson
   — Je me suis bien douté, répondit effrontément Fedor, que tu
ferais tout ce bruit pour une misère; autre chose est de brûler les
yeux à un homme ou à un oiseau. Celui-ci bat un peu des ailes,
puis est content.
   — Voilà ce que répondent tous ceux qui tourmentent les ani-
maux. Fedor ! rentre en toi-même, tu es sur la route des hommes
méchants. Veux-tu encore agraver le malheur de ton père?
   — Fais bien attention de n'en pas parler au père ! dit Fedor,
en la menaçant... autrement je ne vais plus le voir. Est-ce ainsi
que tu remercies parce que je veux vous aider l'un et l'autre.
   — Ne prends pas ce soin, répondit Louise; cet argent serait
maudit.
   — Cet oiseau est à moi, répondit Fedor; ne t'occupes pas de
lui et ne te mêle pas de mes affaires.
   Pour éviter de nouveaux chagrins, Louise cacha à son père la
mauvaise action de Fedor, qui, chaque jour sifflait à l'oiseau une
petite mélodie, mais elle avait bien soin de le pourvoir de graines
et d'eau. Un jour Fedor, revenant de l'école, trouva ouvertes la
fenêtre et la porte de la cage. L'oiseau avaitdisparu. Il ne pouvait
en accuser Louise, car il avait la clef. Toute sa colère se tourna
contre les chats. Louise aussi était désolée, car elle pensait que
ce pauvre aveugle mourrait de faim.
   Quelques jours plus tard, Louise profitait d'une après-dinée de
liberté pour approprier l'entrée de leur appartement.
   — Qu'y-a-t-il donc dans la cour? demanda-t-elle à MmePeter-
mann, qui, toujours complaisante, lui montait un sceau d'eau,
j'entends un grand bruit et beaucoup de gens qui parlent.
   — Ce qu'il y a? reprit Mmc Petermann, rien de raisonnable ;
notre aubergiste fait anglaiser son cheval.
   — Qu'est-ce que cela anglaiser?
   — Autrement dit martyriser. Ces Anglais qui ont inventé tant de




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