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'258 l.,\ LUNE.
D'oii viens-tu ? Des noires bruyères;
As-tu vu danser les esprits ?
Viens-tu d'éclairer leurs mystères?
Quel secret leur as-tu surpris ?
As-tu vu de la molle Asie
Les lampes d'or, les flots d'encens ''
Et de la sultane endormie
As-tu caressé les divans ?
As-tu vu ces barques légères
Où le doux luth est entendu ?
Mais ces palais, ma ; s ces mystères,
Astre pieux ! les aimes-tu ?
Ce que tu chéris, ô ma belle!
C'est la tombe du vieux guerrier,
Et les vitraux de la chapelle,
Et le donjon du prisonnier ;
C'est le cloître à la voûte sombre,
Où de l'heure expirent les sons, .
Où les vierges passent dans l'ombre,
Blanches, comme tes blancs rayons.
Balance-toi dans tes nuages,
Glisse au fond du gothique arceau ;
Tremble dans les rameaux sauvages,
Berce-toi dans les jjlis de l'eau.
Sur ta solitude chérie,
Sur les fleurs, sur les flots errants,
Luis toujours, mais jamais n'oublie
L'humble demeure où je t'attends.
Mars 1839.