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•H LE COMTE DE CiULOiN.
ses courses, pareil trésor n'est tombé dans ses mains. Sybille
est sa plus belle des filles de la Bourgogne, mais dans ce moment
ses beaux yeux sont pleins de larmes et ses mains sont chargées
de fers.
Les courriers se succèdent rapides et incessants. Mà con est lÃ
environné de deux armées. Deux troupes altérées de sang
monient à l'assaut de ses murailles. Au nord et au midi flotte
l'étendard de Chà lon.
Au pillage i La ville de MÃ con est riche aussi ; tout est Ã
nous, même s-;;s jeunes filles ! Que la Saône porte au loin des
débris ! Si partout flottent des cadavres, c'est que le comte de
Chà lon esi un vaillant guerrier.
L'évêque a fui. Vrai Dieu ! comme il aurait orné notre triom-
phe! 11 se serait assis près de nous à la table du festin, et il
aurait partagé fous nos plaisirs.
Qu'on revête les ornements sacerdotaux, qu'on couvre la table
des vases sacrés et qu'on s'enivre. Soldats, le comte de Chà lon
vous invite à son festin. La mitre sainte orne son front, et le
calice est devant lui.
A ses côtés deux convives sont assis, à sa gauche Pierre le
Vénérable, à sa droite Sybille de Berzé. Des hommes, le sabre
nu, sont derrière eux.—Mon Dieu, le permettrez-vous, dit l'abbé !
— Mourir avant! dit la châtelaine. — Le comte lance un regard
terrible au vieillard, et sa main droite prend la taille de la jeune
femme.
Sa main gauche saisit un des vases sacrés. — A boire ! — Le
calice est plein. — C'est à vous que je bois, madame. — Un
bruit étrange retentit dans l'escalier. Les hommes d'armes
portent la main sur leur épée. — Qui veut porter cette santé ?
— C'est moi, dit un chevalier de haute taille qui parait sur le
seuil de la porte et s'arrête immobile. Le comte de Châlon se
lève, les hommes d'armes s'élancent, le chevalier inconnu étend
la main.
l'iace! dit-il d'une voix sombre. Tous les convives effrayés
regardent ses armes noires. A travers sa visière abaissée ses